« Questionnement », à partir de l’intervention de F Ratier « La jouissance, la parole et le corps », le 6 octobre 2014, par Marie Jeanne BOISSIERE

« Dans l’histoire, les positions subjectives de l’être changent, le rapport au corps change. » nous dit F Ratier. Dans son intervention il fait référence aux réalisations du discours de la science comme spécifiques de notre époque, ayant une incidence sur le corps : « les réalisations du discours de la science découpent le corps, en incorporant des objets de la science », « le corps est appareillé par les lettres », « le corps est découpé par la lettre. »

Le corps est aussi découpé par le Sa : « Le Sa qui découpe le corps, la pulsion : un montage de l’Autre et du corps, une rencontre sans queue ni tête qui se réitère. »

Ce « montage de l’Autre et du corps » est un Autre différent, nous dit F Ratier, de l’Autre considéré par Lacan au début de son enseignement, où « le mot est à la place de la chose. Le langage mortifie les choses, il emporte et vaut le monde des choses. Du langage, de l’Autre, le corps reçoit son organisation. » Citant Lacan dans « Radiophonie » : « Le langage est un corps subtil, le premier fait le second de s’y incorporer au sens de lui donner une structure. ». Dans « Fonction et champ de la parole et du langage » : « Le corps est pris dans l’Autre qui ne comporte pas la jouissance. », l’Autre, le langage « La parole, du côté de l’être, le corps était un avoir. ». « Le Sa construit l’unité du corps. » « Il y avait un dedans/dehors. », « il n’y a plus de dedans/dehors »

« Il n’y a plus de dedans/dehors » rend-il compte de  « l’Autre dans son montage avec le corps, la pulsion, rencontre sans queue ni tête qui se réitère ». « Dedans/dehors ne s’opposent plus, ils se nouent. »

Ce « montage » du corps et de l’Autre, la pulsion, une découpe signifiante du corps, à l’image, pourrait-on dire, d’une autre,  « une découpe du corps par les réalisations du discours de la science, en incorporant les objets de la science. Un corps appareillé par les lettres (la science), le corps découpé par la lettre. »

De ce  « montage du corps et de l’Autre », au sens de « la pulsion », « le Sa qui découpe le corps », il en résulte la jouissance, « une rencontre sans queue ni tête qui se réitère », d’où « un Autre qui n’existe pas comme désert de jouissance ». « L’Autre c’est le corps. ». Dans le premier Lacan,  « le corps pris dans l’Autre qui ne comporte pas la jouissance avait une efficacité symbolique où le corps morcelé pouvait s’unifier, un surmontement de la fragmentation, la jouissance était imaginaire (l’amour, l’agressivité)  ».

Au-delà de leur similitude, à savoir le découpage du corps, qu’est-ce qui différencie le Sa et la lettre. En quoi le découpage du corps par le discours de la science, en incorporant les objets de la science, peut-elle être qualifié de lettre ? Qu’est-ce que la lettre ? En quoi la lettre et le Sa rendent compte, de ce que nous dit F Ratier, au début de son intervention « le corps est de plus en plus du côté de l’être, être un corps. » ? Alors qu’il était, dans le premier enseignement de Lacan «  un avoir, identifié à une image, le corps du stade du miroir, le corps comme avoir. ». Peut-on dire que le corps découpé par le Sa, qui, de ce fait, le lie à la parole du côté de l’être, en est  affecté, affecté par le Sa en terme de jouissance, jouissance de l’Autre  et n’est plus tout à fait du côté de l’avoir ?

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