Echo à l’exposé de Marie-Christine Bruyère, par Baturalp Aslan

Dans l’avancement logique retracé par JAM dans l’après-coup de l’enseignement de Lacan, les registres de I, S et R sont nos repères pour situer la Jouissance. Le troisième paradigme situe la jouissance du côté du réel, défini en opposition au symbolico-imaginaire. L’accès à la jouissance dans ce paradigme se fait par transgression. Ce lieu de jouissance est un au delà du principe de plaisir. Le plaisir et la Jouissance s’opposent radicalement.

Lacan s’appuie sur un mot de Freud: das Ding, mot allemand pour la Chose qui apparaît dans un texte très précoce, l’Esquisse d’une psychologie scientifique. Ce texte datant de 1896 contient tout de même en germe certains fondamentaux de la psychanalyse sous un déguisement -une métaphore, je dirais- physiologisante : Les lois du fonctionnement de l’inconscient apparaissent sous l’habillage d’une théorie des connexions neuronales. La Chose, das Ding est ce qui de la perception d’un objet est impossible à réactualiser. Elle est ce qui de l’objet ne peut rentrer dans le jeux des représentations, donc du langage. Elle échappe de même au régime du principe de plaisir.

Lacan dans le Séminaire VII élève à la dignité de concept le terme de das Ding, un détail de ce texte freudien que M.C.Bruyère a très joliment nommé «une épave théorique». Le séminaire s’appelle l’Ethique de la psychanalyse et il est vrai que c’était difficile de me rendre compte au premier abord de l’Ethique qui devrait découler de ce 3ème paradigme que JAM a distillé du Séminaire VII. Je l’épinglerai de manière suivante: le Beau et le Bien relèvent des idéaux, (des identifications) donc du régime symbolico-imaginaire qui étouffent et intimident le désir du sujet. Il est donc pris(onnier) de son symptôme qui répond de sa Jouissance. Le symptôme y est défini comme «le mode dont le sujet formule que la jouissance est mauvaise […] et il répercute la dysharmonie foncière de la jouissance avec le sujet» (p.14) Or la psychanalyse propose un franchissement – non pas total, parce que ce serait la mort du désir. Ce franchissement est ce qu’on nomme la traversée du fantasme. Défaire les logiques symbolico-imaginaire et par là ébranler le règne du Bien et du Beau qui sont les défenses qui barrent l’accès à das Ding, et ce pour qu’émerge le désir: le désir d’Antigone comme désir pur visant un point au bord de das Ding, frôlant la mort. Cette séparation d’avec l’Autre, M.C.Bruyère la lisait comme une préfiguration de la passe. (Reste à questionner la pureté ou l’impureté du désir en question.)

La butée de ce paradigme est dans le fait que La Chose, das Ding comme concept est difficile à manier, puisque la Jouissance située dans cette zone de l’horreur et son accès par excès et transgression, dont l’exemple est la jouissance sadienne, ne permet que difficilement de rendre compte de l’expérience de ce que j’appelerai «un peu de Jouissance», car elle totalement déconnectée et désarticulé du symbolique. Cette impasse va être travaillée et dépassée par l’invention de l’objet a.

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