3ème paradigme : LA JOUISSANCE IMPOSSIBLE – commentaire de Marie-Christine Bruyère

 

 Nous voici au troisième paradigme.

Paradigme que J.A.M. annonce comme celui de la jouissance connectée à l’horreur : Un héroïsme de la jouissance dont Lacan écrit comme une sorte de symphonie fantastique soulevée de soi-même, devant renoncer au ronron du symbolique et de l’imaginaire pour atteindre au déchirement de jouissance.

Fini l’encadrement du miroir et les formules des mathèmes, nous avons affaire à une Jouissance promise comme impossible, assignée au réel et dans un lieu obscur, hors symbolisation. Ce troisième paradigme  prend acte de ce que désir et fantasme ne saturent pas ce dont il s’agit dans la jouissance. Et avec ce troisième temps, Lacan se trouve contraint de rejeter la jouissance  hors du symbolique et de l’imaginaire, dans le réel. Ce paradigme met la jouissance du côté de la Chose, l’accès à la jouissance se fait par forçage et Lacan ira chercher Antigone et la deuxième mort, celle qui vise l’être au-delà du corps, pour illustrer cette position. Nous sommes dans le Séminaire VII : L’éthique de la psychanalyse,  où sont convoqués avec une foule de héros, la loi morale et la création ex-nihilo.

Pour ce qui est véritablement un franchissement,  Lacan revient à Freud, avec un texte peu connu : « L’Entwurf : Esquisse d’une psychologie scientifique ». C’est un texte qui n’a pas été publié du vivant de Freud. Il a été écrit durant l’automne 1895 et envoyé à Fliess, collègue et  correspondant privilégié, de Freud. On le trouve dans l’ouvrage édité en français, sous le titre de « Naissance de la psychanalyse ».[1]

A l’époque où il rédige l’Entwurf, Freud s’intéresse aux questions de sa discipline, à la neuro-physiologie. Il étudiait aussi le rêve et ses mécanismes. Son projet était de fonder la scientificité de la psychologie. Freud passe par le modèle des neurones pour rendre compte du fonctionnement du système nerveux et de l’écoulement des excitations internes comme externes. Et de leur résolution entre perception et conscience, avec le principe du maintien au plus bas niveau de l’énergie : le principe de plaisir. Cette circulation laisse des traces, qui s’inscrivent à différents niveaux qu’il appellera instances, sous la forme élémentaire de représentation : Vorstellung.

 Ce modèle, disons ce paradigme, va  permettre à Freud, en décollant de son modèle neuronal, d’inventer l’appareil psychique. L’Esquisse, qui est d’une précision et d’une description très minutieuse, contient un grand nombre des idées, qui  après avoir subi les modifications nécessitées par l’abandon de la physiologie, se retrouvent dans les écrits ultérieurs. Et quelques- unes d’entre elles, se rangent parmi les éléments permanents des hypothèses psychanalytiques. Lacan s’empare de cette épave théorique pour en faire l’éloge. « Faites l’effort de le lire et vous verrez qu’il s’agit là de bien autre chose qu’une construction d’hypothèses : c’est le premier colletage  de Freud avec le pathos de la réalité à laquelle il a affaire chez ses patients. »[2] C’est autour de l’Entwurf que Freud a organisé sa première intuition de ce dont il s’agit dans l’expérience des névrosés et en particulier de comment se fonde la réalité pour l’être parlant. Lacan met l’accent sur la dimension éthique de ce brouillon ; l’opposition du principe de plaisir et celui du principe de réalité, des processus primaires  et des processus primaires, est moins de  l’ordre d’une psychologie que d’une éthique. C’est la découverte d’une exigence qui va contre l’adaptation, puisque la réalité se fabrique avec du plaisir.

Au passage soulignons que si la psychanalyse a pu soulever l’inquiétude de promouvoir à l’excès le règne de l’instinct sexuel, elle n’en a pas moins promu l’importance de l’instance morale.

Dans cet éloge de l’Entwurf, Lacan attrape, et pour le promouvoir : un détail : das Ding : la Chose.[3] Ce terme : das Ding aura une incidence précieuse pour le concept de sublimation ; et la notion d’éthique orientée par le réel y trouve sa source. Avec das Ding, Lacan lisant Freud vise une zone, extérieure au couplage symbolique-imaginaire et en quelque sorte déterminant ce montage. Ce sera l’instance du réel à laquelle symbolique et imaginaire opposent un barrage.

Soyons contemporain de Freud et voyons un instant ce que ce modèle de l’Entwurf, avec ce que ce détail das Ding, a permis d’élaborer. Das Ding, c’est ce qui au point initial, logiquement et du coup chronologiquement, on peut dire mythiquement dans l’organisation du monde psychique, se présente et s’isole comme le terme étranger autour de quoi, tourne tout le mouvement des Vorstellungs : des représentations. Gouverné par le principe de plaisir. Et avec la notion qu’au-delà de la simple répartition énergie, le principe de plaisir indique ce qui est de l’ordre du bien, alors que la jouissance est foncièrement mauvaise.

Reprenons ce principe de plaisir et l’expérience de satisfaction avec les éléments que Freud a utilisés. Imaginons l’organisme soumis à un besoin lequel se traduit par une excitation. Celle-ci produit du déplaisir et déclenche des réactions corporelles, dont le cri est le prototype. L’enfant qui a faim, crie. Etant en état de dépendance absolue : Hilflosichkeit, son cri serait inefficace s’il n’était relayé par une personne secourable. Laquelle répond par une action spécifique. Nous savons, c’est un classique de la construction lacanienne, en particulier du graphe du désir, que ce cri est rétroactivement transformé en appel et élevé à la dignité d’une Demande. Ainsi cette action spécifique, loin de se limiter à l’apport de nourriture qui satisfait un besoin, introduit le sujet à l’ordre symbolique.

Mais intéressons nous à la façon dont Freud dans cette époque de l’Entwurf, a conceptualisé l’action spécifique et ses conséquences. Cela a son importance pour saisir la question de das Ding et donc du réel. Pour Freud l’action spécifique et l’expérience de satisfaction qui s’en suit, ont un impact sur le système neuronal. Le souvenir de l’objet et les décharges motrices qui l’entourent se trouvent enregistrés. Entre la perception de déplaisir et son apaisement, s’inscrit le souvenir de l’objet avec le mouvement qui l’a procuré. Autrement dit : des frayages neuroniques tracent un circuit en vertu de la loi de l’association. Et toute nouvelle excitation tendra à réinvestir ces images mnésiques entre perception et conscience avec la perspective de retrouver l’objet qui a permis la satisfaction. C’est ce que Freud qualifie de mouvement de désir et qui fonde l’orientation du sujet humain vers l’objet. Entre perception et conscience, comme on dit entre cuir et chair, se mettent en place les processus de pensées. Mais pour que cette expérience de satisfaction puisse se reproduire il faut remplir une condition : celle de l’identité de perception. Et pour cela, pour ce « reconnaître » plusieurs conditions sont nécessaires. La perception est composée de plusieurs neurones, mettons  a + b, et l’image mnésique de l’état de désir également de plusieurs neurones, mettons a + c. Dans la reproduction il  y a un décalage, il va falloir par voie d’associations cheminer de neurones en neurones.

Mais c’est ici que Freud nous dit : Le complexe de l’objet est en deux parties. Tout ce qui de l’objet est qualité, formulé comme attribut, rentre dans le système des frayages et constitue les Vorstellungs, les représentations primitives autour de quoi se règle le système plaisir-déplaisir. La chose, nous dit Freud, est tout à fait autre chose. La langue nommera le neurone a la chose, et les neurones b ou c, sa propriété : son prédicat. Et la langue instituera le terme de jugement pour ce travail de décomposition. La chose, cette partie de l’objet dite a, reste hors champ. Seul un mot vague : la chose das Ding, convient pour désigner cette part constante. L’innommable serait bien plutôt ce qui la caractérise. Das Ding est l’axe autour duquel tournent les mouvements de pensées, tout en restant exclu comme structure constante, impossible à appréhender par les attributs.

Das Ding est une fonction primordiale, d’exception qui se situe au niveau initial de l’instauration des Vorstellungs.  Aussi peut- on dire que la distance du sujet à das Ding est condition de la parole.

Allons un peu plus loin dans les conséquences qu’emporte la notion de das Ding, de ce lieu central inviolable. C’est là que se situe le caractère essentiel de la chose maternelle, en tant qu’elle occupe la place de das Ding. Si Freud apporte au fondement de la morale quelque chose d’essentiel, c’est la loi de l’interdiction de l’inceste, loi fondamentale. Le désir pour la mère ne saurait être satisfait parce qu’il est la fin, le terme, l’abolition de tout le monde de la Demande, qui est celui qui structure le plus profondément l’inconscient de l’homme. L’homme cherche à retrouver, mais ce qu’il ne saurait atteindre, c’est là que gît le ressort essentiel qui s’appelle la loi de l’interdiction de l’inceste. Et en même temps que Freud désigne dans l’interdiction de l’inceste, le principe de la loi primordiale, il identifie l’inceste au désir le plus fondamental. L’interdiction de l’inceste n’est pas autre chose que la condition pour que subsiste la parole.

Le pas fait au niveau du principe de plaisir, par Freud, est de nous montrer qu’il n’y a pas de Souverain Bien, que le Souverain Bien qui est das Ding, qui est la mère, l’objet de l’inceste, est un bien interdit et qu’il n’y a pas d’autre bien. Tel est le fondement renversé chez Freud de la loi morale.

Ce dans Ding est au centre et autour le monde subjectif de l’inconscient est organisé en relations signifiantes. C’est difficile à représenter topologiquement. Car ce das Ding est au centre mais en tant qu’exclu, c’est-à-dire qu’en réalité il doit être posé comme extérieur, cet étranger préhistorique impossible à oublier dont Freud nous affirme la nécessité de la position première sous la forme de quelque chose qui est étranger à moi, tout en étant au cœur de moi. Extime voilà le mot qui est le plus approprié.

JAM fait ce résumé, dans le troisième  paradigmes, en disant : qu’est ce que la Chose en définitive ? Comme terme c’est l’Autre de l’Autre. C’est ce qui par rapport à l’appareil signifiant  de l’Autre, gonflé de ce qui a été traduit de l’imaginaire, est l’Autre. Cela n’a pas la structure signifiante de l’Autre, c’est l’Autre de l’Autre, ce qui manque dans l’Autre.

Avec ce paradigme une profonde disjonction est marquée entre la libido transcrite entre les signifiants et la libido hors champ du côté de la Chose. Ce qui réintroduit la différence essentielle entre plaisir et jouissance, le principe de plaisir est une barrière de protection contre les excès de la jouissance.

Lacan dans le Séminaire VII, reprend avec minutie et sur deux longs chapitres, das Ding. Mais en même temps il rompt le lien direct avec l’analogie des traces neuronales, en considérant à la fois que les traces freudiennes ne s’inscrivent pas sur le système nerveux et qu’elles sont signifiantes. Elles doivent être liées au système du vivant comme tel. La solution originale qu’il propose est que cela s’effectue par des points d’impossible. Le vivant sur lequel se connecte comme un parasite le système symbolique, produit de l’impossible à représenter.

Dans ce troisième paradigme, la jouissance est enfouie dans un champ central avec des caractères d’inaccessibilité, d’obscurité et d’opacité, et le sujet s’en défend. Avant le refoulement qui porte sur le signifiant, il y a une orientation qui porte sur une défense primitive contre das Ding, le lieu de la jouissance. Et vers ce champ de das Ding inter-dit, le sujet rencontre des barrières : celle du Bien d’abord puis celle du Beau. Barrières dont il faut forcer le passage pour accéder à la jouissance.

Nous aurions dans ce paradigme, un accès à la jouissance par forçage, c’est-à-dire par transgression.
Et Lacan appelle Antigone pour illustrer ce point. Pour son commentaire Lacan se réfère à l’Antigone de Sophocle, écrite en 441 avant J.-C dont il nous dit qu’il s’agit d’un « texte vraiment admirable, sommet extraordinaire, d’une rigueur anéantissante. »

Tout le monde connaît l’histoire d’Antigone, c’est à dire ce destin féroce de la famille des Labdacides, appelé dans le texte l’Ate : malheur, destin, la limite du supportable.
Antigone est la fille d’Œdipe ; elle est aussi sa sœur. Dans la tragédie, Œdipe croyant fuir son destin tue son père et épouse sa mère. Il a quatre enfants de cette union funeste. En bout de course, nous trouvons Antigone confrontée à son oncle Créon, le nouveau maître de Thèbes. Ce dernier refuse que soit inhumé Polynice, un des enfants d’Œdipe, car il s’est attaqué à la cité, Etéocle son frère lui a droit à une sépulture. Le principe est simple pour Créon : on ne peut pas honorer de la même façon ceux qui ont défendu la patrie et ceux qui l’ont attaquée. Contre cet ordre raisonnable, Antigone se lève et décide de désobéir. Elle va agir, recouvrir le cadavre de son frère de cendres, en guise de tombeau, au nom d’un principe au-delà des lois dictées par le roi, son oncle Créon. L’exigence d’Antigone c’est de fournir une sépulture à son frère qu’il soit criminel ou pas, qu’il est attenté à la sécurité de la cité ou pas, c’est sacré : il a droit à être enterré, tout être humain a droit à une sépulture c’est-à-dire qu’il persiste en tant que signifiant au-delà de la loi biologique. Antigone défend, au sens de se mettre sur cette ligne radicale, défend ceci que tout être, au-delà de ce qu’il a pu faire de bien ou de mal, est unique. Et on ne peut en finir avec ses restes, en oubliant que le registre de l’être, de celui qui a pu être situé par un nom doit être préservé : c’est l’acte de funérailles qui inscrit sur la pierre tombale le nom. C’est une loi au-delà des petites lois édictées par les humains. Antigone donc et par deux fois va recouvrir le corps de son frère.

C’est un très beau personnage, Antigone. Dans le Séminaire VII et ailleurs encore, Lacan en fait une figure, celle d’un sujet qui ne recule pas devant son désir et pas n’importe quel désir ; elle est au-delà de toute crainte et de toute pitié. Antigone se voue à cette unicité du vivant humain, à ce qui de lui persiste au-delà de ce qui a été sa vie biologique. C’est un signifiant absolu, séparé de l’Autre, érigé comme Un tout seul. On peut dire que justement son acte est séparé de l’ordre de la cité, et donc elle est en un point où l’Autre n’existe pas. Lacan à cette époque a pu en faire une esquisse de la passe, de ce moment où le sujet s’affranchit et s’accomplit en tant que n’attendant l’aide de personne.  Antigone va s’avancer dans cette zone que Lacan  appelle de l’entre- deux- morts. Antigone désobéît ou plutôt elle obéît à l’ordre intime qui la gouverne et elle s’achemine vers son supplice qui consiste à être emmurée vivante. Elle défend la seconde mort de son frère : avoir une sépulture et elle s’avance pour elle-même sur cette limite, qu’elle franchit : encore vivante mais déjà morte, sa vie va se confondre avec la mort vécue de façon anticipée.

C’est ici que Lacan parle de l’éclat d’Antigone, celui qui nous fait voir le point de visée du désir. La place qu’elle occupe est celle de cette limite, au bord du lieu de la jouissance. Antigone nous fait voir le point de visée qui définit le désir et dans la traversée de cette zone, elle fascine : attire et repousse. Pour faire le joint avec ce troisième paradigme et sa Chose, cette illumination violente de beauté qu’Antigone incarne, c’est là que s’établit un certain rapport à l’au-delà du champ central, mais aussi ce qui nous interdit d’en voir sa véritable nature.

L’effet de beauté est un effet d’aveuglement, Antigone aspire à la mort et c’est bien une illustration de l’instinct de mort tel que Freud nous l’a appris. Antigone mène jusqu’à la limite l’accomplissement de ce que l’on peut appeler le désir pur, le pur et simple désir de mort ; elle assume le désir criminel de ses parents. Antigone est traversée par le malheur des Labdacides ; elle se lamente au seuil du tombeau comme un sujet traversée par cette chaîne maudite. Mais aussi par l’acte de procurer une sépulture à son frère, elle exige une mise en ordre symbolique de cette famille incestueuse ; elle tente de redonner des places.

Deux auteurs, des cliniciennes : Caroline Eliacheff et Ginette Raimbault[4], ont pu poser une analogie, une équivalence de position entre Antigone et la position subjective qui se manifeste avec « l’anorexie mentale ». Elles argumentent ainsi : l’anorexique ne cède en rien sur sa demande, une demande de désir, alors que le gavage auquel elle est soumise ne prend en compte que le besoin. Elle dit Non pour qu’advienne le désir. Elle sacrifie son corps de besoin pour que la vie de l’être humain soit habitée par l’ordre symbolique. Antigone délibérément s’avance vers cette zone d’entre deux morts. Cet espace, l’anorexique le représente imaginairement en incarnant l’indistinction mort-vivant. Antigone et les anorexiques n’ont de cesse que soit reconnu leur désir (contre les besoins) et pour la reconnaissance de ce désir, elles mettent leur corps en jeu allant jusqu’à l’extrême limite, celle où le mort réelle empiète sur la vie.

Freud lui-même n’était pas sans avoir une référence à Antigone. Voici ce qu’il écrit à Arnold Zweig en mars 1934. «  Le destin, en compensation de bien des refus, m’a accordé la possession d’une fille qui en bien des circonstances tragiques ne l’aurait cédé en rien à une Antigone. » Les nazis ayant pris possession de la bibliothèque d’Arnold Zweig, Anna avait suggéré de lui envoyer « à la place de tout le reste » une édition complète des écrits de son père ».[5]

Marie Christine Bruyère            Toulouse    3 novembre 2014

 

[1] Freud S., La naissance de la psychanalyse, Presses Universitaires de France, 1956.

[2] Lacan J., Le Séminaire, livre VII, L’éthique de la psychanalyse, Editions du Seuil, Septembre 1986.

[3] Freud S., Naissance de la psychanalyse, pages 345- 349 : Pensée cognitive et reproductive – mémoire et jugement

[4] Raimbault G., Eliacheff C., Les indomptables, Figures de l’anorexie, Editions Odile Jacob, 1989, 1996.

[5] Freud S., Zweig A., Correspondance 1927-1939, Paris, Gallimard, 1973.

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