Lundi 18 novembre 2013

18 novembre

Résumé des interventions de Francis Ratier et d’André Soueix

par Martine de Faget 

….. je vais reprendre  quelques points qui m’ont  accroché dans les exposés de Francis Ratier et André Soueix . Ils ont introduit le thème de cette année avec cette expression  » Le  père d’avant »  ( ce qui suppose donc un père d’après ? et d’après quoi ? ) un père d’avant  du temps où le père  était pensé  comme  le ciment  indispensable à l’édification psychique du sujet.  Pour l’  illustrer, ils ont développé deux points  de vue l’un éclairé par  Freud  et l’autre par  Lacan en  soulignant l’importance  de la prise en compte par la psychanalyse des évolutions  de la société  en matière de procréation ,de filiation,  de la reconnaissance sociale des couples homosexuels et hétérosexuels etc  Ces évolutions  remettent – elles en question un concept présenté un temps  comme a-historique , c’est-à-dire pouvant opérer ou être convoqué comme signifiant primordial quelque soit le contexte ?

Discuter du père en psychanalyse c’est donc aussi discuter du lien social, de ce qui le fonde ; André Soueix , nous a présenté comment  FREUD  a considéré   la figure du père  au fur et à mesure de son exploration de l’inconscient, le rôle du  père  dans  la Neurotica, le père au cœur de la névrose infantile et du complexe d’Œdipe, le père de la horde primitive, le père et Moise. La pulsion sexuelle et ses déclinaisons dans un rapport pacifié par le père qui permet le vivre ensemble.

Le père  pour qui Lacan invente le Nom du Père, la métaphore paternelle et sa forclusion où s’origine la psychose pour ensuite avancer que  le sujet peut aussi tenir par le sinthome, un autre nouage du RSI. Francis Ratier rappelle que ces dimensions du père Réel, Symbolique et Imaginaire sont immergées dans la culture, en ce sens, il ne constitue pas un invariant , le langage les promène dans notre inconscient, le grand Autre.  Cela implique aussi la coexistence de rapports au père  qui continuent  à distinguer  les sujets. Ce rapport au père se déploie  au travers du père symbolique inscrit dans l’idéal du moi, du père imaginaire du moi idéal et du père comme objet dans la dimension du réel de l’hainamoration/amour/haine. Le père  de l’un n’est pas le père de l’autre, il se présentifie  différemment pour chacun d’entre nous  en fonction de son histoire et il me semble que au cours d’un travail analytique , on peut  en voir défiler les multiples facettes.

 J’ai entendu aussi : l’évocation d’un petit garçon ébloui par le père /roi/puissant mais aussi  le père de la sagesse, au service de la loi et pas de sa jouissance personnelle,  celui capable d’abdiquer pour assurer la transmission de sa fonction, permettre la filiation et celle d’un jeune homme époustouflé devant la description  par Freud  du  père des origines, l’URVATER le père jouisseur de la horde primitive.

André Soueix  termine  avec le Moise de Freud qui  annonce déjà le déclin du père .  Le père  porte en lui-même sa propre fin, à l’image de toute vie humaine, sans le père pas de castration, sans le meurtre du père ,pas d’accès au désir.

 Donc aujourd’hui simplement de nouveaux symptômes du déclin du père ?   ce déclin , ce à quoi nous avons tous à faire, un  déclin du père intemporel et a-historique.  On pourrait dire qu’Il n’ y a de père que de l’accepter déclinant , l’objet perdu freudien,  le manque lacanien incarné par le signifiant du phallus, le signifiant du désir à qui la métaphore paternelle  quelque soit  « son état » donne sa consistance.

Résumé de l’intervention d’André SOUEIX lors de l’atelier ACF du lundi 18 novembre 2013

 Par Joëlle REIX, Psychologue clinicienne

Telle une introduction à la question du père, André SOUEIX s’est penché sur le père freudien.

André nous a surtout éclairés sur le cheminement de la pensée de Freud à propos de cette question du père : comment Freud découvre dans un 1er temps le père par la clinique puis comment il en arrivera à le créer par la théorie ; comment également Freud quitte ses conceptions darwiniennes (c.-à-d. l’idée développementale d’une évolution positive au cours de la vie) pour en arriver grâce à sa théorie de la pulsion à une conception « dénaturalisée » de l’homme.

 Dans ce trajet temporel qui s’étale de 1886 à 1939, 4 noms du père apparaissent :

–          le père de la Neurotica

–          le père du mythe d’Œdipe

–          le père Urvater (primitif)

–          le père Moïse

L’originalité de l’exposé d’André SOUEIX c’est de nous indiquer que Freud découvre en 1er un père qui met du désordre, c’est la théorie du père abuseur de la Neurotica. Le père est un agent perturbateur, immoral et omniprésent, c’est le père hors la loi, père de la Jouissance. Dans ce contexte, la névrose est développée comme une défense au vécu d’un traumatisme.

 Puis Freud découvre le Complexe d’Œdipe et en 1897, il annonce qu’il ne croit plus à sa Neurotica. Il travaille sur les mécanismes de la névrose, écrit l’interprétation des rêves et les 3 essais sur la sexualité. Il en passe par la pulsion qu’il définit comme n’étant pas l’instinct et fournit la thèse de l’inconscient comme désir. Le père est abandonné comme fauteur de troubles et devient porteur du phallus qui au contraire va mettre de l’ordre. Cette action normative sera le support d’une identification, d’un idéal du moi, mais aussi du fait du père de la castration le support du désir.

 Dans un 3ème tps Freud poursuivra cette idée du père redouté et s’appuiera sur le mythe de la horde primitive pour créer son père Urvater qu’il nous dépeint dans Totem et Tabou (1912). Un père primitif, originaire et puissant ; un père comme figure de la Jouissance qui fait exception à la loi qu’il transmet (possède toutes les femmes et les interdit à tous).

Le meurtre du père par les fils ne fait que renforcer sa place de père (culpabilité et retour de l’interdit)

On voit comment Freud invente un père théorique ; il décrira donc 2 phases dans l’action de ce père qu’on retrouve dans Totem et Tabou et dans le texte « Vue d’ensemble des névroses de transfert » in métapsychologie en 1915. Ainsi se succède à la 1ère phase « hors la loi » celle dite « pacifiante » c.-à-d. un père qui protège contre l’angoisse (la loi pacifiante de l’idéal du moi contre la loi cruelle du surmoi).

 Freud non satisfait de sa solution théorique à la question du père, reprend les choses en 1938.

Il va donner un éclairage différent à la nomination du père avec l’idée de l’aborder avec Moïse. Cf son livre « L’homme Moïse et la religion monothéiste ». Il s’appuie sur l’histoire de 2 monothéismes et présente 2 figures de Moïse : Moïse l’Egyptien dans l’Egypte d’Akhénaton qui cherche à imposer le culte exclusif du dieu Aton, et Moïse serviteur du dieu des volcans, Yahvé.

Moïse est présenté comme l’élu de dieu, il va rassembler des peuples (Lévites et Madianites), les sauver de l’esclavage et les conduire hors d’Egypte.

De l’alliance chaotique de ces 2 peuples Freud fait l’hypothèse que Moïse est tué. Et reprendra l’idée d’une unité du fait de la culpabilité du peuple envers le Père-mort qui s’inscrira en retour sur la Table de la loi divine fondatrice du judaïsme.

Le monothéisme et en particulier le judaïsme est pour Freud l’aboutissement de cette logique inconsciente et peut être considéré comme un progrès par rapport au polythéisme.

 

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