Résumé de la conférence de Cécile Favreau : Le père, trop ou pas assez ? Par Chantal Souchon

Résumé de la conférence de Cécile Favreau :

Le père, trop ou pas assez ?

Par Chantal Souchon

Igor Stravinski disait à propos de la création de  son opéra(1) Œdipus  Rex qu’il se sentait moins intéressé par ‘’la psychologie des personnages que par la géométrie du drame ‘’. L’étude qui interroge la figure paternelle à partir des Séminaires IV et V pourrait aussi montrer que Lacan, moins mélophobe que Freud, ne fait pas la sourde oreille aux paroles du musicien.

 Le titre : le Père, trop ou pas assez – place le père  entre deux démesures. Celle de l’excès et celle du manque.

Situation qui ne peut trouver explication et réalisation qu’à partir de l’Œdipe, qui reste une référence structurale dans la diachronie de trois temps qui sont autant d’étapes et dans la synchronie des configurations et reconfigurations principalement déterminées par le ternaire : les trois temps de l’Œdipe sont en rapport avec trois définitions du père : réel, imaginaire et symbolique.

Au commencement, non pas le père réel mais le père symbolique .Primauté qui a à voir avec la ‘’ genèse’ ’de l’enfant comme génétique de cet autre texte qu’ il est aussi. Du triangle familial – ou trio qu’il forme tout d’abord de par sa naissance effective avec ses parents, et dérivée par la mère , se forme une nouvelle triangulation, dont il fait partie  . En ce tout premier temps de l’Œdipe , c’est comme immédiateté indivise avec la mère que s’établit le rapport à un Autre primordial mais aussi aliénant car objet d’un désir encore obscur , le phallus , autre de l’Autre maternel : cette coalescence du réel et de l’imaginaire , sous la forme de la triade qu’il forme alors entre phallus et besoin imaginaire de la mère , le fait naître non comme sujet mais comme infans, comme ’’’ enfant –phallus’’ freudien, où au sein de la matrice ‘’symbolique’’ de la relation duelle l’enfant peut devenir objet d’une logique régressive et mortifère de retour au sein maternel , conçue et vécue par la mère comme réappropriation et qui des lors scelle ce premier temps de l’Œdipe.

Le père met fin à l’immédiateté duelle, en tant qu’intercession, en médiatisant la relation de l’enfant au langage, au monde , au désir, comme instance séparatrice mais aussi comme quarte fonction , qui reconfigure cette triade en quatuor. Ainsi fait signe le père symbolique, qui intervient, soit vient entre,  ou s’interpose entre la mère et l’enfant. Fonction paternelle qui donne ainsi lieu à une deuxième naissance, celle  de l’enfant  comme sujet, ne figurant plus l’imaginaire de la mère mais le désir de l’imaginaire. La métaphore paternelle renvoie  à une division du désir : l’enfant n’est pas objet ni non plus l’un tout seul du désir maternel ( que l’enfant ne soit pas tout pour la mère) , qui donne aussi accès à une symbolisation, comme celle- freudienne – du Fort-Da , mise en jeu de la mère comme présence /absence et conduite par le phallus non seulement comme signifiant de la privation ( maternelle) mais aussi comme l’énigme d’un signifié x ( celui de la métaphore paternelle) .

Ainsi fait sens le père comme nom du père : l’effet du père symbolique devient aussi effet de sens , comme être intra-mondain , être au monde lui-même régi par la loi du symbolique ( la privation définie comme point nodal de l’Œdipe par Lacan ): c’est à partir de là que s’effectue une nouvelle dialectisation concernant le phallus ( du to be or not to be au to have or not to have ) .Et ce passage, c’est au père imaginaire qu’il se trouve associé . Ainsi fait loi le père : celui qui légifère au sens strict , c’est-à-dire porteur de loi, médié  et assigné comme tel par la mère (et dans un premier temps , existant   comme imaginaire que l’enfant doit repérer dans la mère )loi  énoncée, absolue ou universelle , et dépassant celle relative ou particulière , voire partielle /partiale de la relation mère-infans.

 Le père fait loi, non la loi sinon ce père en puissance pourrait alors ,  en toute puissance, devenir privateur (de mère et/ ou d’enfant ) ou coercitif

Le père réel, le père en acte, gratifiant, potent ( Lacan) se montre capable de satisfaire le désir :ainsi , tout en sollicitant la catégorie de l’avoir ( le to have) le père fait être . Sortie du complexe d’Œdipe.

Cette triplicité du père qui dit l’union et la désunion fonde une autre triade ( qui revisite ces trois étapes ) : c’est l’entrée d’une fonction heureuse -entre le père carent ( tel que rencontré par le petit Hans ) qui ne se réduit pas à une défaillance du symbolique , de l’autorité, mais se montre aussi  en défaut et en défaite à l’égard du désir de la mère (du féminin)-entre  le père excessif,  incarnant  la loi aveugle , sans désir : père trop légaliste pour être toujours à hauteur de loi

La fonction paternelle heureuse  et  articulante situe la loi dans le double rapport de l’interdit et de la permission. du  trop et du pas assez, en sa possibilité  conciliatrice

Et c’est à s’énoncer ainsi comme opérateur du symbolique que le Nom du Père peut inscrire/ écrire l’intersubjectivité du désir, sans lequel, autre soupçon de Lacan, ‘’ les non dupes errent …’’

(1) ou plus exactement oratorio

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