Christine Angot et Jacques-Alain Miller : rencontre au théâtre Sorano (La vidéo)

Samedi 20 avril dernier, Christine Angot a invité Jacques-Alain Miller :à une rencontre au théâtre Sorano, en complicité avec le Marathon des Mots, France Culture et Ombres Blanches.

Pour voir la vidéo, cliquer ici

Pour lire la retranscription de morceaux choisis par Christiane Alberti et présentée dans La Règle du jeu, cliquer ici

Note d’intention, par Christine Angot

« J’ai tout de suite aimé la proposition de Ghislaine Gouby. D’abord parce que j’aime la situation théâtrale, un endroit où il est possible de dire quelque chose et où les gens viennent précisément pour entendre. La scène est un endroit où on est responsable de l’écoute de ceux qui sont assis devant nous. A celui qui se trouve de se débrouiller pour que l’autre entende quelque chose. Mais je ne souhaitais pas, car je n’en ai pas les compétences, me substituer à un travail de programmatrice tel qu’aurait pu le faire Ghislaine, dont c’est le métier, et qui le connaît bien mieux que moi, je n’en voyais pas l’intérêt. Dans un premier temps, je me suis dit que je pouvais inviter des gens pour qui il est essentiel de faire de la scène, danseurs, acteurs, musiciens, mais qui, pour diverses raisons, s’en trouvent éloignés, et qui joueraient là une étape importante. Et puis je me suis rendu compte que ça non plus ce n’était pas un métier que je connaissais, répondre à des artistes, les stabiliser, les encourager, en tout cas certainement pas au moment où moi-même je sortais un livre, la publication de Une semaine de vacances étant intervenu entre l’invitation de Ghislaine avec ma première intention et aujourd’hui, c’était encore de la programmation, je ne pouvais pas faire ça, en tout cas pas à ce moment-là, même si elle était un peu décalée du schéma habituel pourtant cette programmation, mais tout de même, c’était un autre métier. Nous avons alors décidé Ghislaine et moi de reporter le travail avec les artistes en question à la prochaine saison, sous sa responsabilité, et moi j’interviendrai pour certains dans le processus de création, puisque je participe à l’écriture de certains projets, le projet musical notamment, les musiciens dont vous parlez sont en train de travailler, et le choix des chanteurs n’est pas arrêté, l’élaboration du projet est en cours.

En m’éloignant de mes intentions de départ, finalement trop proches de l’idée classique qu’on se fait de l’utilisation d’une scène de théâtre, je me suis donc peu à peu rapprochée de ce qui pour moi est l’essentiel, et j’ai compris que c’était finalement ce pourquoi Ghislaine Goubly s’était adressée à moi, pour non pas montrer des choses, des scènes, des gens, mais trouver un écrin pour entendre, faire entendre, écouter, poser des questions, présenter, dire, comprendre.

Je suis fière, par exemple, que, dans la personne de Jacques-Alain Miller, qui consacre sa vie à l’édition des séminaires de Lacan, la psychanalyse puisse se retrouver sur la scène, lieu qui l’accueille rarement. On pourra lui poser toutes les questions qu’on voudra sur Lacan, sur « il n’y a pas de rapport sexuel », sur la psychanalyse en général, sur tout ce qui viendra, et lui bien sûr parlera. Ce sera le samedi, juste après, une actrice lui succèdera, Norah Krief, qui est en ce moment la Célimène de Jean-François Sivadier qui monte Le Misanthrope, elle sera sur la scène de l’Odéon tout le mois de juin, ils sont pour l’instant en tournée, elle viendra à Toulouse juste après avoir joué Célimène à Valence, elle aura répété, elle aura travaillé, elle aura choisi le texte qu’elle lira. Ce sera la dernière soirée. On aura commencé le jeudi par des questions, là encore, celles que Laure Adler aura envie de me poser. Laure Adler, grande passionnée de théâtre, entre autres évidemment. Depuis plus quinze ans que je fais des lectures dans des théâtres, j’ai beaucoup de chances d’avoir l’aide et le regard d’Alain Françon, un des très grands metteurs en scène d’aujourd’hui, à la fois classique et radical, dont la seule préoccupation, à l’exception de toute autre, est d’être centré sur ce que dit le texte, il cherche les meilleurs moyens de l’écoute, loin très loin de l’obsession du spectacle et des images. Je précise au passage que le film de Guy Debord, auteur de La Société du spectacle, qui sera diffusé dimanche, In girum imus nocte et consumimur igni, correspond bien sûr au même choix, à la même profession de foi. Faire comprendre que le théâtre ce n’est pas seulement le spectacle. On peut être sur scène et ne pas se montrer. »

Christine Angot

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