Vers les Journées de l’ECF, par Agnès Aflalo et Christiane Alberti

Journées de l’ECF : chacun est concerné!

Ces Journées traitent en partie de « l’autisme clinique », mais aussi très largement  du statut autiste  de chaque humain dans son rapport à la jouissance, et que Lacan développe dans son dernier enseignement. Ces Journées seront donc aussi  très largement consacrées aux commentaires de phrases du tout dernier enseignement de Lacan, des derniers Cours de Jacques-Alain  Miller et aussi d’ Éric Laurent.

Ces Journées ne sont nullement réservées à quelques spécialistes de l’autisme. Chacun de nous est donc concerné.

Agnès Aflalo, directrice des Journées

Vers les Journées de l’ECF « Autisme et psychanalyse »

Lecture politique

 Les prochaines Journées de l’ECF ne traiteront pas seulement de « l’autisme clinique » mais aussi du statut natif de tout sujet.

Notre époque est celle non pas d’une crise, mais de la crise, celle globale qui touche tout, notre ère est devenu incertaine qui voit s’évanouir tour à tour, le grand Autre, le Père, les hommes, la croyance au progrès…. La pensée de Lacan qui n’a jamais tenu en place, n’a jamais été aussi actuelle, tant elle offre une lecture politique de ce qui nous déroute.

Le Lacan classique nous est familier, nous l’aimons parce que nous y reconnaissons ce qui fait la routine de notre monde, là où il y a du lien, du deux, du fusionnel, du sexuel,  où l’on aime et désire en s’aidant du fantasme.  La parole y donne sens à la vie, c’est-à-dire un être au sujet, et nous lie à l’Autre. Le dernier Lacan chamboule tout ! Il fait du signifiant ce qui fait jouir le vivant, et par conséquent l’isole. « Ce qui parle, n’a à faire qu’avec la solitude » (Encore, p.109). C’est l’autisme de tout parlêtre. En effet, la jouissance de chacun n’est complémentaire de celle de personne – elle se répète indéfiniment depuis qu’on l’a rencontrée une première fois d’une façon peu ou prou traumatique, et son modèle en est l’addiction. C’est une drogue sui generis, qui ne donne à celui qui l’éprouve aucun être, mais assure seulement ce qui fait notre existence. 

Dans la cure comme ailleurs, il n’y a pas de deux, il y a l’Un-tout-seul mais c’est l’Un-tout-seul à deux[1]. Le deux est une fiction nécessaire, via l’artifice du transfert, pour parvenir au dégagement de cet UN-tout-seul et le traiter. Chacun parle tout seul, mais “l’on est néanmoins bien forcé d’inventer une exception. L’autisme à deux, est-ce ce qu’il s’agit précisément de démentir s’il y a la psychanalyse…” (Jacques-Alain Miller, 7 mars 2007).

Alors si l’UN tout seul ne se communique pas, ne se partage pas, qu’en faire dans ce que l’on appelle une vie, soit dans les limites comprises entre la naissance et la mort ? Il n’y a de réponse que pour chacun, et c’est ce que la psychanalyse permet de trouver à ceux qui s’y engagent. 

Certes, nous n’avons pas besoin de ces Journées pour exister, mais à s’y rendre on aura chance d’interroger les conséquences du dernier Lacan qui réveille, fait signe, bouleverse.  C’est une lecture qui appelle un retour, une adresse, notre présence.

Christiane Alberti

[1] Ainsi, à entendre les sujets autistes, on ne prétend pas communiquer avec eux, mais à tout le moins, on se retrouve avec eux, de leur côté.

 Pour s’inscrire aux Journées, en un clic

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